Les parties prenantes de la nutrition au Nigéria souhaitent accélérer les changements positifs

Par Namukolo Covic, IFPRI

Des consultations approfondies avec les parties prenantes et des activités de cartographie des réseaux d’intervenants dans le cadre de l’étude sur les récits de changement nutritionnel au Nigéria ont eu lieu à Abuja les 14 et 15 mai 2019, respectivement.

Ces deux processus faisaient partie intégrante de la collecte de données pour l’étude dans le cadre du projet de Transform Nutrition West Africa soutenu par la Fondation Bill et Melinda Gates, sous la direction de International Food Policy Research Institute (IFPRI), en collaboration avec l’Université d’Ibadan.

L’étude vise à comprendre les changements en matière de nutrition au Nigéria depuis 2008, ainsi que les changements et les défis anticipés (à l’horizon 2025), sur la base des preuves existantes et des perceptions des parties prenantes.

Les institutions participant à la consultation et les personnes participant à la cartographie du réseau de parties prenantes ont été sélectionnées à dessein par le biais du processus de génération d’institutions et d’acteurs inclus dans l’approche de recherche de l’étude. Des activités hautement interactives ont été utilisées pour obtenir les perceptions des parties prenantes sur la manière dont la nutrition est abordée au Nigéria, permettant ainsi d’identifier les besoins auxquels l’étude sur les récits de changement pourrait répondre, de comprendre les relations entre les acteurs de la nutrition et les effets possibles sur le succès ou l’échec des politiques et des programmes en matière de nutrition, et de présenter l’étude des récits de changement aux parties prenantes.

Le Dr Chris Isokpunwu, point focal du Mouvement SUN (Scaling-Up-Nutrition) et chef de la division de la Nutrition au ministère fédéral de la Santé a présenté un exposé sur les tendances de différents indicateurs relatifs à la nutrition dans différentes zones géopolitiques. Bien que des progrès aient été réalisés dans la réduction du retard de croissance au cours de la dernière décennie, il a été indiqué que cette évolution était lente et inégale dans le pays. Certains États ont connu une réduction du retard de croissance et d’autres ont connu une augmentation.

Mme Nduku Nelson, directrice adjointe au ministère du Budget et de la Planification pour l’alimentation et la nutrition, s’est concentrée sur la coordination de la nutrition. Le Nigéria est un pays lourdement touché par la malnutrition et, en raison de son importante population, le pays compte plus de la moitié des enfants de moins de 5 ans souffrant d’un retard de croissance en Afrique de l’Ouest. Les participants ont noté que l’attention considérable portée aux régions du nord du pays confrontées à des crises dues à l’insurrection militante semble avoir inversé les progrès dans certaines parties du sud. La nécessité d’accorder suffisamment d’attention à toutes les régions du pays a donc été soulignée. Les participants ont demandé à l’équipe de recherche sur les récits de changement d’envisager d’analyser la situation avant 2008 en ce qui concerne l’iodation du sel et la supplémentation en vitamine A, estimant qu’il y aurait lieu de tirer des enseignements utiles.

L’équipe des récits de changement a pu mieux comprendre qui sont les principales parties prenantes de la nutrition au Nigéria et les défis à relever pour accélérer le changement en matière de nutrition. Les discussions très intenses ont généré de nombreuses informations pour une analyse plus approfondie. Les discussions ont montré que des structures avaient été mises en place dans le cadre des dispositifs institutionnels pour la coordination de la nutrition et l’application des politiques, et que leur mise en fonctionnement effectif pourrait contribuer à la mise en oeuvre des politiques et programmes. Celles-ci comprennent l’inauguration du Conseil national de la nutrition et la création de comités sur l’alimentation et la nutrition aux niveaux national, des États, des administrations locales et des quartiers.

Certains États réussissent mieux que d’autres à mettre en œuvre les structures de coordination et il peut également y avoir des différences dans les dispositifs administratifs institutionnels dans les États où cela s’était produit. En fin de compte, la manière dont les dispositifs administratifs sont mis en place au niveau de l’État, du gouvernement local ou des quartiers importe peu si l’État concerné est pleinement opérationnel. L’insuffisance du financement a été identifiée comme un facteur important empêchant d’élargir la portée des interventions en matière de nutrition à tous les niveaux.

Les participants étaient reconnaissants d’avoir pu tirer des enseignements de leur participation à la consultation et à la cartographie du réseau de parties prenantes et ont indiqué qu’ils attendaient avec impatience les résultats de l’étude sur les récits de changement. Ils ont également exprimé leur gratitude pour les documents partagés, issus du travail dans le cadre du projet de Transform Nutrition West Africa, « Le point sur l’évidence » concernant la politique en matière de nutrition au Nigéria et le profil de données du pays.

Le ministère du Budget et de la Planification nationale a partagé des exemplaires de la politique nationale sur l’alimentation et la nutrition au Nigéria et le ministère fédéral de l’Agriculture et du Développement rural des exemplaires de la stratégie de sécurité alimentaire et de nutrition pour le secteur agricole 2016-2025.