S’attaquer au double fardeau à travers une approche de parcours de vie: réflexions sur le cours virtuel Evidence for Nutrition Policy and Programming

Par Nick Nisbett et Michelle Holdsworth
Plus de 30 décideurs, chercheurs et praticiens de 8 pays francophones d’Afrique de l’Ouest (Bénin, Sénégal, Burkina Faso, Mali, Niger, Côte d’Ivoire, Guinée Bissau, Togo) ont participé par visioconférence, au début du mois de mai 2021, au dernier cours de « Transform West Africa : Données probantes pour les politiques et programmes de nutrition ». Cette année, le cours a été conçu pour offrir aux futurs leaders la possibilité de disposer des connaissances les plus pointues sur la nutrition, à la fois au niveau mondial et sous régional collectées par Transform Nutrition West Africa et ses partenaires.

Le cours a progressivement évolué au cours de la dernière décennie puisqu’il a été enseigné pour la première fois dans le cadre de l’école d’été « Transform Nutrition », destinée aux étudiants de l’IDS, au Royaume-Uni, et via un certain nombre de versions régionales y compris la première version de Transform Nutrition West Africa, enseignée en anglais, à Accra, en mars 2019. Transform Nutrition West Africa a également développé un partenariat unique avec le Programme africain de leadership en nutrition, ce qui lui a permis de proposer des cours sur les preuves et les données, ainsi que sur les aptitudes et les compétences en matière de leadership. Le cours sur les données probantes a dû évoluer avec son temps – les cours précédents étaient beaucoup plus axés sur la nécessité de créer un élan en faveur de l’action en matière de nutrition et se concentraient en conséquence sur les données probantes récentes permettant d’agir en matière de nutrition (interventions spécifiques à la nutrition). Mais comme les pays de la région d’Afrique de l’Ouest sont de plus en plus confrontés à un ” double fardeau ” croissant, c’est-à-dire à des formes multiples de malnutrition se produisant ensemble (retard de croissance, émaciation, carences en micronutriments telles que l’anémie et personnes vivant avec les conséquences de l’obésité et des maladies non transmissibles associées), il est essentiel que les personnes travaillant dans le domaine de la politique et de la pratique de la nutrition soient familiarisées avec les preuves et les connaissances récentes dans ces domaines. Le cours a donc été le premier à intégrer de façon large la “malnutrition sous toutes ses formes” ainsi qu’une approche axée sur le parcours de vie et l’équité.

Des collègues de l’IFPRI et de l’IDS, partenaires de Transform Nutrition West Africa, et le Professeur Michelle Holdsworth, de l’Institut de Recherche Pour la Développement, France, ont organisé le cours sur 3 jours, avec un mélange innovant de sessions enregistrées, d’auto-apprentissage, d’exercices de groupe et de discussions par vidéoconférence. Bien que le travail de mise en place du cours ait été difficile, en particulier parce que c’était la première fois que le cours était fait en français, le plus grand travail a été réalisé par les participants, qui ont vraiment mené la discussion en apportant leurs expériences et leur connaissance de la région.

Par exemple, le Dr Adama Diouf* a partagé les recherches innovantes dans auxquelles elle prend part : des recherches menées dans la région pour s’attaquer aux multiples fardeaux de la malnutrition, y compris les MNT liées à l’alimentation, via des recherches dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest pour évaluer l’étendue de la mise en œuvre de la politique d’environnement alimentaire dans le cadre du réseau INFORMAS.
La nécessité de s’attaquer aux multiples fardeaux de la malnutrition a également été bien reconnue par les participants. Dans les discussions en petits groupes, il a été constaté un large consensus pour traiter en priorité les causes fondamentales/sous-jacentes des multiples formes de malnutrition. Les participants ont également débattu de la question de savoir si les interventions/politiques devaient cibler des groupes de population spécifiques (enfants de moins de cinq ans, adolescents et WRA, groupes à faibles revenus) ou adopter une approche globale de la population.
En réfléchissant au cours et à la manière dont nous ou nos partenaires pourrions l’adapter à l’avenir, les animateurs ont noté que le défi reste que le problème de la malnutrition est complexe, ce qui est reconnu dans les approches systémiques. Cependant, il est difficile de transmettre la complexité de manière simple (encore plus difficile dans un cours en ligne de courte durée) … mais l’éventail croissant d’études d’histoires de changement dans le domaine de la nutrition, dans la région et dans le monde, sera utile pour l’apprentissage et la pratique futurs.

*Adama Diouf. Maître de conférences/chercheur, Laboratoire de Recherche en Nutrition et Alimentation Humaine (LARNAH), Université Cheikh AntaDiop de Dakar (Sénégal)